La mairie
Bâtiment construit par l’entreprise Destrez sur les plans de l’architecte Louis Collin d’Epernay pour la somme de 13 325 Francs et 55 centimes a été de suite destiné à être l’école des filles et a été réceptionné par la commune le 13 Aout 1863.
Il restera école des filles jusque dans les années 70 où il deviendra école maternelle.
C’est le 17 Octobre 1992 que ce bâtiment changera totalement de destination pour devenir la Mairie que l’on connait aujourd’hui.
L'église
L'église Saint Rémy est une église de par sa tour-clocher qu'on ne trouve nulle part (sauf peut-être une en Angleterre)
Saint Rémy a été construit au XIIème siècle sur l'emplacement de l'ancienne chapelle dédiée aux Saint-Sauveur. L'église a beaucoup souffert par les guerres au cours des siècles car seul la tour, le porche en appentis (porte ouest) sont du XIIème siècle et le porche à auvent (porte nord) du XIVème siècle et le reste fait penser aux églises reconstruites au XVe et XVIème siècle. La blessure profonde la plus proche a été le bombardement de l'aviation allemande dans la nuit du 2 au 3 Mai 1917 qui détruisit toute la toiture, tous les murs de la partie nord et tout l'intérieur de l'église.
Vue de l'extérieur il y a ce clocher carré de style roman du XIIème siècle composé de quatre étages nettement séparés les uns des autres par des corniches saillantes et flanqués aux angles de petits contreforts. Chaque étage est la reproduction de l'étage du dessous mais en plus petit jusqu'au troisième qui passe en sont sommet de la forme rectangulaire à la forme circulaire. Pourquoi ? Une simple supposition : Il semblerait qu'au XII siècle Condé était un village fortifié. Il n'y a aucune ligne défense apparente de nos jours, Elles ont peut-être été détruites pendant les grands incendies de 1380 et du 25 Août 1625 qui ont ravagés Condé. Du haut du clocher on peut voir les dix villages aux alentours, on peut surveiller le cours de la Marne sur une distance appréciable, il est possible de penser que le clocher pouvait servir de guet à cette époque ou de nombreux barbares venaient piller les villages. Pour renforcer la thèse du poste de guet, on sait que de nombreux souterrains aboutissent à l'église (un reliait Saint Remy, notre église, à l'église Saint Denis (qui n'existe plus depuis les années 1700) et un autre vers l'église Saint Sulpice (qui n'existe plus) du Brabant (Le village du Brabant fait partie de Condé maintenant). Pour en finir avec le clocher. Le quatrième étage qui le coiffe aujourd'hui n'est pas d'origine et est bien moins joli que l'ensemble. Cela gâche un peu le charme de la tour. De la même époque que le clocher la porte ouest un très joli porche à auvent. A coté de ce porche on peut y voir une jolie tourelle à toit en poivrière. Au nord de l'église, on peut y distinguer un petit porche sous auvent style renaissance (époque Henri II) avec les armoiries de Diane de Poitiers (croissants entrecroisés) du plus joli effet.
L'intérieur de l'église, qui était magnifique et riche avec trois magnifiques autels (dédies à la Sainte Vierge, Saint Rémy et saint Nicolas) avec des pierres sacrées (d'après les écrits), est maintenant bien pauvre, plus d'orgue, plus de chaire, plus d'autel .... Tout le mobilier ancien a été volé pendant la révolution française ou bien brûlé et détruit au cours du bombardement de la grande guerre. Le mobilier actuel est fait de récupérations ou de dons de paroissiens. Parmi les donateurs on peut citer Melle Almodie Brocart (décédée en juin 1940) qui offrit à l'église la statue du Sacré-Cœur ainsi que le chemin de croix. Visible aussi des fonds baptismaux par immersion (don d'un paroissien anonyme) construits dans les années 1985- 1986 mais qui n'ont jamais servi que deux fois. peu après sa construction et une autre fois a la veillée pascale 2017.
L'église Saint Rémy, classé aux monuments historiques depuis le 6 Mars 1918 est un bijou qu'il ne faut pas perdre, une pièce maîtresse dans le patrimoine de Condé mais également une partie de l'histoire de la France.
La halle
On ne connait pas l'origine de la construction de la halle de Condé sur Marne, ni si elle avait cette physionomie actuelle. Ce que l'on peut dire c'est que Condé sur Marne, placé à la croisée des chemins Chalons, Reims et Epernay était un marché fort reconnu depuis la nuit des temps.
En 1842, le canal latéral à la Marne est construit et celui de l'Aisne à la Marne est en construction. Il faut tracer une nouvelle rue directe vers le nouveau pont. Profitant du violent incendie du 29 Août 1842 qui a détruit tout le quartier entre la halle et le canal de l'Aisne à la Marne, la municipalité à fait construire le rue de Chalons (à cette époque il fallait passer par la rue 14 Juillet (anciennement rue basse). Mais ce nouveau tracé passe juste sur l'emplacement de la halle. Celle-ci est donc déplacée de quelques mètres et changée d'orientation pour être à la position que nous connaissons actuellement. Ce déplacement se fera le 6 février 1844 et cela sans la démonter seules les tuiles seront enlevées et remplacées par des ardoises.Les premiers éléments connus de son histoire datent de la révolution française. Autrefois gérée par l'Abbaye de Saint Remy elle fut vendue à un particulier par les révolutionnaires puis rachetée par la commune le 1 Messidor de l'an VII (19/6/1799) pour la somme de 8014 Francs (ce sont les condéens qui ont dû donner la somme). Elle sera ensuite louée en 1807 puis laissée à l'abandon, servant de hangar pour les charrettes. En 1821, devant l'état de délabrement Remy Varnier, maire de l'époque, envisage de la démonter pour y construire une école en remplacement de celle, insalubre, se trouvant dans une des granges du presbytère. Mais devant le tollé de la population, le projet fut abandonné et la halle refaite à neuf. Le bois de l'ossature du monument date probablement de cette époque.
La Halle n'est plus depuis des années lieu de marché mais fait partie intégrale du patrimoine de Condé sur Marne.
La salle des fêtes
Depuis les années 1980, la commune avait l’intention de remplacer sa salle des fêtes située en centre du village et devenue obsolète pour une plus spacieuse, plus moderne. Pour cela elle avait en vue un terrain situé dans le quartier de la Maladrie, au 13 rue de Chalons, à la sortie du village sans jamais pouvoir l’acquérir jusqu’en en 2018 avec l’arrêt d’activité du garage Delabare et la mise en vente du terrain.
D’une superficie de 2908 m2 ce terrain était de friche en 1936 puis deviendra une fabrique de moellons en fin des années 1950 avant de devenir un élevage de chèvres et de lapins dans les années 1980 puis une nouvelle reconversion en garage en 1998.
En 2018, le terrain acquis par la commune, lancement du projet salle des fêtes avec appels d’offres. 18 cabinets d’architectes proposeront leur candidature et c’est celle du Cabinet d’architecte Thomas qui est choisie par le conseil municipal.
Début des travaux en décembre 2020 avec le démontage de l’ancien garage puis l’assainissement du terrain. Mai 2022 travaux de terrassement puis coulage de la dalle le mois suivant. Mi juillet début de pose des murs en bois. Septembre 2022, toute la structure bois (murs et toit) terminés le long travail d’aménagent intérieur et extérieur débute pour se finir le 18 novembre 2023 par l’inauguration de la salle devant de nombreuses personnalités comme le Préfet Henri Prévost, la député Lise Magnier et des représentants de la Région et du Département.
La Salle des fêtes d’une superficie totale de 612 m2 dont 400 m2 de salle d’évolution a été conçue dans un respect écologique (mur en bois) avec un point fort sur son acoustique performant et son insonorité extérieure. La salle peut être utilisée sur son ensemble ou, selon besoin, seulement sur une partie (120 m2) après fermeture d’un rideau. Dans cette salle on y trouve également une scène, un bar, une cuisine et des loges.
Le village à maintenant une grande salle des fêtes, belle, moderne, et fonctionnelle.
La tour et les canaux
La construction de la Tour aqueduc est dû au déboire d'étanchéité du canal de l'Aisne à la Marne. Il faut alimenter en permanence en eau ce canal pour qu'il soit toujours navigable.
Inauguré le 13 Novembre 1869 avec l'usine et la rigole (petit canal de 8 mètre de large alimenté par la Marne partant de Saint Martin sur le Pré jusqu'à l'usine de Condé sur Marne). Recevant l'eau de l'usine, elle est le point de départ d'une rigole bétonnée de 7 605 mètres de long qui emmène l'eau juste qu'au bief de partage du canal en amont de l'écluse de Vaudemange. A l'origine cette rigole était à ciel ouvert mais a été couverte par la suite à cause des nombreuses noyades d'animaux sauvages.
A l'heure actuelle, elle fonctionne. Elle a été plusieurs fois, modernisée. L'alimentation ne se fait plus par la rigole mais est puisée directement dans la Marne, à côté de l'usine, par deux grosses conduites passant sous le canal latéral à la Marne.
Durant la première guerre mondiale la Tour a également servit de cantonnement pour les militaires.
Condé sur Marne, un nœud fluvial, une escale de plaisance.
Condé sur Marne est un petit village important car c'est ici que se joignent deux canaux importants pour les bateliers. Il y a le canal latéral à la Marne, rivière qui n'est plus navigable à ce niveau et le canal de l'Aisne. Ces deux canaux ont eu leur importance avec le transport du charbon, du blé et autres matières par voie fluviale, le transport routier n'était pas ce qu'ils sont maintenant.
Comme Notre Dame des Lande et autres lieux de contestations, l'avant construction de ces canaux a donné lieu à pas mal de palabres. Il y avait d'abord l'achat des terres par l'administration certainement à un prix bas pour les propriétaires et l'arrivée de nombreux « étrangers » main-d'œuvre pour la construction des canaux que les autochtones voyaient d'un mauvais œil.
Décidé par la loi des finances de 1837 le canal latéral à la Marne fut le premier à être construit. Allant de Dizy jusqu'à Vitry le François, sa construction fut assez rapide puisqu'il fut inauguré et ouvert à la navigation en 1845. Ce canal fait 66,5 km et comporte 15 écluses.
L'autre canal, celui de la Marne à L'Aisne (loi de Finance du 8 juillet 1840) long de 58, 109 Kilomètre et reliant Condé sur Marne à Berry au Bac trouva plus de difficulté dans sa construction. Les travaux débutèrent (pour la branche Condé sur Marne/Berry au Bac) début 1842. Beaucoup de travaux à faire réalisation de 24 écluses (16 sur le versant de l'Aisne et 8 sur celui de la Marne) et il faut également percer un tunnel (2302 mètres) sous le Mont Billy. Pas une mince affaire pour cette époque car il fallait penser à l'aération et au chemin de halage. En ce temps, la plus part des péniches n'avaient pas de moteur, elles étaient tirées depuis la berge par des chevaux ou des tracteurs). A la fin de la construction le canal eu de gros problèmes d'étanchéités, la première parade a été de le bétonner entièrement (de 1857 à 1861) mais rien n'y fait, à certaine période de l'année il était non navigable. C'est en 1862 qu'il fut décidé de d'alimenter le canal par l'eau de la Marne et la tour-aqueduc de Condé en est le point de départ.
On construisit d'abord « la rigole ». Un petit canal de 8 m. de large partant de Saint Martin sur le Pré ou l'eau était puisée dans la Marne jusqu'à Condé sur Marne pour alimenter l'usine (à côté du point de jonction entre le canal latéral et le canal de L'Aisne. Cette eau est envoyée vers la tour par d'énormes pompes. Et cette tour/aqueduc est de point de départ d'une rigole bétonnée de 7 605 mètres de long qui emmène l'eau juste qu'au bief de partage du canal en amont de l'écluse de Vaudemange.
C'est le 13 Novembre 1869 que l'usine/tour de Condé a été inaugurée et le canal de la Marne à l'Aisne en permanence navigable. A l'heure actuelle, elle fonctionne toujours et bien sûr a été, maintes fois, modernisée. L'alimentation ne se fait plus par la rigole mais est puisée directement dans la Marne, à côté, par deux grosses conduites passant sous le canal latéral à la Marne.
Actuellement les canaux sont toujours forts fréquentés. Moins de péniches qu'au siècle dernier, bien sur, mais beaucoup de petits bateaux de plaisance (surtout l'été) une nouvelle manière de passer des vacances au calme, sans stresse en dégustant les paysages au fil de l'eau. Le petit port de Condé est une escale appréciée par ces plaisanciers qui désirent manger et boire les spécialités locales.
